retour à l'accueil de la galerie
 
galerie théatre
 
 
 
contacter jean-michel fraunie
 



I N F O R M A T I O N S
Les photoographies de heurtoirs de portes présentées ont été réalisé avec des films argentiques (diapositives). Une dizaine d'entre elles ont fait l'objet d'une exposition qui a tourné pendant quelques mois dans les magasins shop-photo .
L'ensemble des photos de heurtoirs peut faire l'objet d'une exposition, mais aussi de tirages individuels ou pêle-mêle.
Vous avez la possibilité de faire votre composition personnelle en choisissant parmi l'ensemble des heurtoirs présents dans ma collection, il vous suffit de me contacter.

QUELQUES COMMENTAIRES EN VRAC
  LE TITRE
je ne voudrais pas vous heurter …
(titre très provisoire)
  LE SOUS-TITRE
 
Heurtoirs d'Histoire, Heurtoirs flous, Heurtoirs des rues.
Par l’artifice des couleurs, des ombres, parfois facétieuses,
ils nous tendent leurs formes dans leurs habits de lumière.
Laissez vous tenter…
# JUIN 96
Je fais du noir et blanc et l'idée de travailler sur le Fer dans la Pierre et le Fer dans le bois me vient en voyant un heurtoir de porte dans un village de l'Aveyron. Les ombres de la fin de journée, projetées sur la porte, attirent mon regard. 3 heurtoirs seront l'objet de mon attention. L'un aura un sort particulier dans mon labo; virage sépia. Je crois que c'est à ce moment là que l'idée va s'incruster….
----------------------------------------------

# AVRIL 2000
C'est en avril 2000 à Puy-l'évêque, dans le Lot, que 3 heurtoirs de plus viendront compléter ma collection. A ce rythme là je ne risque pas d'user mon matériel photo, je vous l'accorde.
-------------------------------------------------

# MARS 2001
Je suis rentré dans une phase diapositives couleurs. Un heurtoir attire mon regard dans une rue de Puycelsi ( Tarn ), mais l'ombre n'est pas a mon goût et je demande le concours d'une main pour jouer le rôle de l'ombre. Une fois développé et tiré sur papier le cliché m'enthousiasme. Le déclic est fait.
------------------------------------------

# MAI 2001
Ballade à Cordes sur Ciel ( Tarn ), plusieurs heurtoirs, reconnaissant en moi celui qui les mettra en lumière (il faut ce qu'il faut, non ?), s'offrent à mon objectif.

------------------------------------------

# JUIN 2001
C'est à Paris, quai d'Orléans que je repère des heurtoirs sous la lumière de la fin d'après-midi. De retour à Montauban je m'attache à découvrir les heurtoirs qui se trouvent sur mes lieux de passage habituels. La première moisson est maigre. En fait tout dépend bien souvent de la lumière qu'ils ont sur eux (ils ne sont pas visibles tout le temps).

----------------------------------------------

# JUILLET 2001
Je prend un vélo et je circule au hasard des rues. Excellente initiative! Ils sont des dizaines à me "tendre leurs mains". Alors vient la nécessité de choisir les moments de la journée propices dans les rues, avenues et boulevards. 3 lieux seront sélectionnés, Rue Pouvillon, Avenue Gambetta et Avenue du Général Sarail.
Un jeune passant s'inquiète :
- Oh ! Hé ! Oh ! Pourquoi vous prenez des photos de la porte ?
- Je photographie les heurtoirs .
- Ah bon ?
Histoire de ne pas en rester à Montauban, je profite d'un déplacement dans mon village d'origine, St Nicolas de la Grave, pour saisir les portraits de quelques heurtoirs. Histoire aussi de dire que les plus beaux spécimens ne sont pas réservés aux quartiers chics de la capitale ou des villages classés.

-------------------------------------------------------------

# AOUT 2001
Le 12 Août, sac à dos, vélo, appareil photo, je fais une moisson dans le Fbg Toulousain, avenue du 10ème Dragon, Bd Garrisson et rue Teulières.
Un habitant du quartier m'interpelle:
- Hé ! vous…Hé ! vous. Je vous parle ! Qu'est ce que vous faites ?
- Vous pourriez me parler sur un autre ton non ? J’ai l’air d’un bandit ?
- Vous savez, avec tout ce qui ce passe en ce moment ?
- (?)…

# Le 14 Août, la météo annonce un changement de temps pour le lendemain.
Je reprend le boulot le 16 alors pas de temps à perdre. Direction Fbg du Moustier et puis Centre Ville.

# Le 15 août, la matinée s'annonce belle, la météo s'est trompée, il fait beau. Alors en route avant que le temps ne change.

Les rues sont calmes, quelques commerçants ont ouvert, quelques touristes filment et photographient, d'autres se promènent tout simplement.
Mon vélo déroule les pavés des rues piétonnes et puis comme un aimant, l'œil est attiré par les heurtoirs vus la veille souvent dans l'ombre. Ce matin plusieurs sont baignés de lumière. Il est trop tôt pour d'autres. La lumière n'étant pas au rendez-vous j'essaie le flash mais j'ai des doutes sur son fonctionnement…merde.
Tien et si je refaisait celui-ci ?
Et puis les rues se suivent : celle de la République, de la Résistance, de Malcousinat, de Beauport, des Augustins, Michelet, et puis encore République et Résistance.

Une passante m'observe : - Vous aimez les vielles choses ?
- Oui mais je photographie surtout les heurtoirs de Montauban.
- Je suis une vieille chose moi aussi vous pourriez me photographier… Regardez il y en en un qui est joli là aussi, il doit être ancien.
- Merci. Je viens de le photographier.

Le soleil fait son travail et j'ai envie de revoir le fb du Moustier. Heureuse initiative il y a des heurtoirs que je n'avais pas vu…c'est fou ça de les avoir pas vus avant-hier ???.

Un couple se dirige vers moi : - Vous photographiez les heurtoirs ?
- Oui. C'est un projet pour le club photo de Montauban.
- A c'est bien. Il y en a un très joli plus haut dans la rue. C'est quoi votre matériel ? Moi j'ai un canon mais je voudrai un F 65. C'est bien le F 65 ?

Et le Fbg Lacapelle ! Comment est il éclairé aujourd'hui ?.
Il faudra que je revienne dans l'après-midi. Bonne suée en perspective.

A 16 h00 la moisson est faite. Le temps s'est couvert, il va pleuvoir, la météo avait raison…. à 12h00 près, mais 12h00 importantes pour moi.

# Le 18 aoûtc'est le temps des choix, des classements,

Je viens de récupérer mes 4 dernières séries de diapositives, j'ai confié a un labo le soin de mettre sur CD ROM la première sélection (mai à Juillet) soit un trentaine de heurtoirs.

# Quand la lumière est différente, difficile de retrouver facilement les heurtoirs...
Le 18, dans l'après-midi, 50 heurtoirs viennent compléter le travail.
Un seul problème, il y a des heurtoirs que je ne peux pas identifier exactement.
Je reprend mon vélo et je refais certaines rues ou avenues. Le soleil n'est plus là et a cédé la place aux nuages et à l'orage. Impossible de trouver facilement certains heurtoirs ? ! Les lumières ont changé et les images que j'ai en mémoire ne correspondent plus avec celles que je vois.

Il est si petit celui là ? Comme il est fade celui-ci ?. Merde le heurtoir a été enlevé ! et celui ci aussi, j'ai du mettre la panique chez les proprios (?).

Je croyais qu'avec si peu de temps écoulé il était facile de retrouver les heurtoirs que j'avais photographié, en fait il se passe un phénomène étrange. Au début c'est comme quand on va aux champignons, l'œil n'est pas aguerri alors c'est le hasard ou les spécimens mis en évidence que l'on remarque en premier.
Puis après il faut prendre le temps de repérer, de choisir les lieux . Et quand on trouve une mine on ne la lâche pas.
La magie, en photo, c'est que l'on va, par le biais de la lumière, de la composition, de l'objectif choisi, modifier les proportions, le jeu des couleurs.
Les lumières du matin ou du soir, du printemps ou de l' été présentent le tableau différemment, le photographe, lui, déclenchera ou ne déclenchera pas. Il choisira tel ou tel angle de vue.

Généralement ce ne sera pas l'angle naturel du promeneur qui lui, observe le heurtoir en le voyant dans son ensemble ( sur la porte de l'immeuble), à des moments divers de la journée. Parfois les heurtoirs passent même inaperçus.
Je me suis retrouvé cette fin d'après-midi là, dans la peau du promeneur averti qui revient sur des lieux chargés de bons souvenirs et qui doute parce qu'il ne retrouve plus ce qui l'avait vu.
J'avais oublié qu'en isolant les heurtoirs de leurs contextes, je ne les présentais que dans des habits de couleurs de l'instant, et parfois affublé d'une ombre, à droite ou à gauche, dure ou légère, d'une ombre énigmatique, gracieuse ou provocatrice.

Et oui, j'avais ouvert la voie à une nouvelle vie pour tous ces heurtoirs, leurs donnant la possibilité de transmettre d'autres émotions, suggérer, donner envie dans leurs nouveaux habits, d'être touchés ou simplement regardés.
Si vous cherchez à les retrouver, prenez garde, vous pourriez être déçu car l'image qu'ils vous ont laissé en visionnant le diaporama ne correspond pas à celle que vous voyez aujourdh'ui, vous ne les retrouverez peut-être pas dans toute leur splendeur, éclairés par la lumière d'un 8 juillet à 17h45 ou d'un 14 août à 10h00 du matin...
 
jean-michel fraunié